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CA 15-3

Qu’est-ce que le CA 15-3 ? Vous aviez l’impression d’être dans un site médical, et là, au vu de ce sigle bizarre de CA 15-3, vous pensez peut-être que l’on parle d’informatique, de chimie, de mathématiques ou d’économie avec ses multiples acronymes ?

Et bien oui, on parle bien de médecine et plus particulièrement de cancérologie avec le cancer du sein. En effet, le CA 15-3 est ce que l’on appelle un marqueur tumoral. C’est à dire une substance biologique qui varie en fonction de l’évolution de la maladie cancéreuse pour faire simple. C’est un peu plus complexe comme vous le verrez par la suite. 

Par conséquent, si vous tombez sur cet article, c’est que vous êtes en recherche d’explications concernant ce dosage biologique. Si vous tombez par hasard sur cette page, sachez que cet article concerne malheureusement certains de vos proches car le cancer du sein touche environ 60 000 personnes par an ce qui est beaucoup. Et ces personnes connaissent ou connaitront bien ce dosage biologique qu’est le CA 15-3 car cela fait ou fera partie de leur quotidien médical. Donc vous serez moins ignorant quand ils vous parleront du suivi de leur maladie. 

Et pour finir, je parle de 60 000 personnes malades par an du cancer du sein et non pas de 60 000 femmes. Bizarre me direz-vous ? Pas tant que ça, car environ 500 hommes par an sont atteints du cancer du sein.  L’homme en effet, possède deux glandes mammaires sous les mamelons, glandes par définition très peu développées. Pour la petite histoire, j’ai eu mon premier cas de cancer du sein masculin il y a tout juste un an ! 

Le CA 15-3 fait partie de la famille des marqueurs tumoraux. Un marqueur tumoral est une substance synthétisée par des cellules normales (notamment en réponse à un cancer) et aussi par des cellules cancéreuses. 

Ces substances, qui sont principalement des protéines se retrouvent majoritairement dans le sang, et parfois dans les urines des malades ayant un cancer.  

Il faut savoir que ces marqueurs sont retrouvés à des taux très bas chez les personnes n’ayant pas de cancer.  

Un marqueur tumoral peut être spécifique à un cancer particulier, ou alors ce marqueur peut s’élever dans plusieurs types de cancers différents. 

Si un marqueur tumoral monte dans le sang, cela n’est pas toujours synonyme de la présence d’un cancer (ouf, ça c’est une bonne nouvelle !).

En effet, d’autres maladies que le cancer peuvent faire monter un marqueur tumoral.

Par exemple, en ce qui concerne la prostate, si vous avez une prostatite, là on s’adresse aux messieurs (les dames viendront ensuite avec le CA 15-3, rassurez-vous), le PSA va souvent beaucoup s’élever alors qu’on a strictement aucun cancer !

Le marqueur dans la plupart des cas ne sera pas spécifique, ni sensible pour le diagnostic du cancer. Il sera par contre souvent utile pour surveiller son évolution, la réponse aux traitements et la détection d’éventuelles récidives. 

Pour information, sensibilité et spécificité d’un test sont des notions statistiques, énormément utilisées en médecine. Pour celles et ceux que cela intéresse, pour pourrez devenir incollables sur la question en consultant l’article « Compréhension des examens médicaux et des résultats des examens »

Il y a quatre grandes familles de marqueurs : 

  • Les antigènes de tumeur 
  • Les protéines onco-fœtales 
  • Les hormones 
  • Les enzymes et dérivés 

Les marqueurs les plus connus sont : 

  • ACE : pour les cancers colorectaux 
  • PSA : pour les cancers de la prostate 
  • CA 125 : pour les cancers de l’ovaire 
  • CA 19-9 : pour les cancers du pancréas 
  • CA 15-3 : pour les cancers du sein 
  • L’alpha-foetoprotéine (AFP) : pour les cancers du foie et des testicules 
  • Bêta-hCG : pour les cancers du testicule, la néoplasie trophoblastique gestationnelle entre autres 
  • Et bien d’autres : Thyroglobuline, chromagranine A, bêta2-microglobuline, NSE, thyrocalcitonine, protéine de Bence-Jones … 

Un marqueur tumoral peut, assez souvent, être utilisé pour le diagnostic d’un cancer.

Dans ce cas-là, ce sera un indicateur parmi d’autres points. Mais il ne sera pas forcément spécifique. C’est à dire que d’autres causes que le cancer pourraient le faire monter.

Par contre, les marqueurs tumoraux sont peu utilisés pour les dépistages des cancers, car pas très rentables au final. 

Un marqueur tumoral servira assez souvent pour connaître la réponse aux traitements. 

Le marqueur sera aussi souvent utilisé pour essayer de trouver, dans la surveillance post-traitement du cancer, une éventuelle récidive cancéreuse. 

Un marqueur aura aussi des limites, car il ne sera pas forcément spécifique de tel ou tel cancer. 

Parfois le marqueur peut “se tromper”. Il peut par exemple monter alors que le cancer reste “endormi”. C’est un élément de surveillance, mais les symptômes du patient restent au premier plan, ainsi que tous les examens que l’on réalise pour surveiller le patient (examen clinique, radios, scanners, biologie …). 

Le CA 15-3, aussi appelé Carbohydrate Antigen 15-3 est le marqueur tumoral (ou sérique) majoritairement utilisé en ce qui concerne le cancer du sein. C’est une glycoprotéine de haut poids moléculaire d’environ 300 à 400 kDa. Le kDA, est le symbole du kilodalton. C’est une unité de mesure de masse moléculaire. On va s’arrêter là, car j’ai envie que vous poursuiviez la lecture ! 

La concentration dans le sang du CA15-3 doit être inférieure à 30 U/ml (Unités par millilitre) pour être considérée comme normale. 

Une augmentation légère du CA15-3 n’est pas forcément synonyme de cancer. En effet, plusieurs maladies peuvent faire monter le taux de CA 15-3.

Il pourra s’agir d’affections du foie, de problèmes gynécologiques (comme l’endométriose par exemple), de sarcoïdose, de pathologies inflammatoires pelviennes ….  

Une augmentation du CA 15-3 peut également se retrouver dans d’autres types de cancer en dehors de celui du sein (ovaire, foie, poumons …). Donc rien n’est simple. 

Dernière précision, ce dosage du CA 15-3 se fait bien sûr par une simple prise de sang. Il coûte environ 20 euros à la sécurité sociale. 

Encore une notion à connaitre pour vous car elle est toujours utilisée quand on parle de cancer. 

Une fois le cancer diagnostiqué, c’est à dire dans le cas présent, un cancer du sein, il faut faire d’autres examens pour évaluer l’étendue du mal.

Le bilan d’extension est donc un ensemble d’examens dont le but est de déterminer l’étendue du cancer et si il existe ou non des métastases. 

diagnostic du cancer du sein

Le diagnostic de cancer du sein se fait généralement après une biopsie mammaire suite à une mammographie et échographie mammaire suspectes. Vient ensuite le temps du bilan d’extension qui peut comprendre IRM mammaire, scanner thoraco-abdomino-pelvien, scintigraphie osseuse, tep scanner … Le cancer est-il tout petit ? Est-il multifocal (dans plusieurs localisations du sein)? Les ganglions sont-ils atteints (niveau creux axillaires et ailleurs)? Existe-t-il des métastases (osseuses, pulmonaires, autres) ? 

Et le dosage du CA 15-3 me direz-vous ? Pourquoi n’apparait-il pas dans cette liste ? Bizarre non ? C’est une question compliquée, et je vais vous dire pourquoi. 

On ne se sert  généralement pas de ce dosage pour faire le diagnostic du cancer du sein. De plus, ce n’est pas un examen de dépistage comme l’est la mammographie. 

Au moment du diagnostic de cancer du sein, le CA 15-3 sera à un taux normal (inférieur à 30 U/ml) chez plus de la moitié des malades. Donc aucune utilité dans ce cas-là. 

Si par contre au moment du diagnostic, on découvre la présence de métastases, le taux de CA 15-3 pourra être élevé chez environ 80 % des femmes malades. 

Donc à ce stade, faut-il oui ou non doser ce marqueur tumoral ? Beaucoup d’équipes à travers le monde se posent la question, et la réponse est plutôt oui. Ne serait-ce que pour les formes métastatiques, mais aussi pour avoir une valeur de référence. Cette valeur de référence individuelle sera en fait importante pour la suite des évènements, surtout si il existe un jour une récidive. On pourra alors comparer les deux chiffres (celui du jour du diagnostic, et celui du jour de la récidive) et voir si il a augmenté ou pas. 

traitement cancer du sein

Le dosage sanguin du CA 15-3 est très souvent utilisé dans le suivi de la patiente pendant son traitement du cancer du sein. 

Deux cas de figure peuvent se voir : 

  • Le taux de CA 15-3 baisse, voire se normalise. C’est généralement une excellente nouvelle, car cela signifie souvent que le traitement est très efficace. Cela ne sera bien sûr pas le seul examen utilisé pour vérifier la bonne efficacité du traitement.  
  • Le taux de CA 15-3 monte. Alors là, ce n’est pas une très bonne nouvelle. Cela peut vouloir dire que le traitement ne marche pas et que la maladie a tendance à s’aggraver. Il faudra dans ce cas refaire d’autres examens pour connaître l’étendue des dégâts et surtout pour savoir si il existe des métastases. Donc, temps sombres, mais certainement pas la fin des haricots, car il reste toujours beaucoup de choses à faire pour lutter contre ce cancer du sein. Les progrès sont énormes depuis quelques années. Peut-être ne pourra-t-on pas guérir votre cancer. Mais on pourra essayer de le transformer en maladie chronique, et on y arrive de mieux en mieux. Actuellement, j’ai plusieurs patientes qui vivent avec un cancer du sein depuis plusieurs années, et qui ont, somme toutes, une bonne qualité de vie. 

Si on dose le CA 15-3 après votre traitement, c’est plutôt une bonne nouvelle. Cela veut sans doute dire que vous êtes en rémission.  

Ce terme de rémission est très important à bien comprendre, car il ne signifie pas pour autant guérison. Chaque mot a son importance, surtout en médecine ! 

En cancérologie, le terme rémission signifie que toutes les manifestations du cancer ont disparues. Le cancer est complètement endormi. C’est pour cela que l’on ne peut pas parler de guérison, car qui dit endormi, dit réveil éventuel. Plus le temps passera, plus les chances de guérison augmenteront. 

On surveille donc de très près les patientes dans les années suivant leur cancer, avec différents types d’examens (mammographies, radiographies du thorax, biologie, échographie abdomino-pelvienne entre autres) et on dose également régulièrement le taux de CA 15-3. 

Si le taux de CA 15-3 s’élève en dépassant le chiffre de 30 U/ml, une récidive du cancer est alors suspecte … mais pas toujours. Cela peut monter transitoirement pour d’autres raisons que le cancer comme on l’a déjà dit. Par contre, s’il existe une franche augmentation du taux de CA 15-3, la récidive est probable. 

Pour les patientes qui n’ont jamais eu un taux élevé de CA 15-3, on se souviendra de leur valeur de référence individuelle pour voir si dans leurs cas il y a eu ou non une augmentation de leur taux de CA 15-3. 

Pour conclure, le CA 15-3 n’est donc pas un élément biologique très important dans le diagnostic des cancers du sein, mis à part les formes graves d’emblée avec plus ou moins de métastases. Par contre, c’est un marqueur biologique très intéressant pendant le traitement du cancer et pendant la surveillance ultérieure en cas de rémission (qui concerne la plupart des patientes).

Article écrit le 7 mars 2022 par Docteur santé

cancer du sein et medecin

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